Lettre à Mgr Blondel

Guérin de Longevialle

5 boulevard de Montjuliau

07000 Privas

 

Destinataires :

  • Monseigneur Blondel, Evêché de Viviers, Ardèche
  • Vincent Fauvel (relations média de la CEF)
  • www.eglise.catholique.fr

 

Privas, le 2 janvier 2013,

 

Monseigneur,

Avant toute chose, je tiens à vous présenter mes meilleurs vœux pour cette année qui commence. Elle sera très certainement dure sur le plan social, économique, politique, mais aussi sur le plan religieux.

Je tiens à vous remercier du grand moment que vous m’avez consacré le 11 décembre dernier suite à la missive que je vous avais fait parvenir quelques semaines avant. Bon nombre de personnes, pourvu ou non d’un statut « social » de haut niveau, ne se donnent pas souvent la peine de répondre. Vous l’avez fait. Je tiens à le souligner et à vous en remercier.

Le principal sujet évoqué lors de notre entretien de 2h30, ce 11 décembre, a été source de nombreux dialogues de votre part avec d’autres pratiquants de l’église catholique : votre investissement, et donc celui de l’évêché et de nos paroisses, sur le projet de loi « le mariage pour tous ».

J’ai eu un certain nombre de satisfactions concernant vos réactions sur le sujet, d’une part, par le biais de communication avec des paroissiens qui vous ont rencontré, mais aussi de façon directe, vis-à-vis de votre intervention dans le bulletin hebdomadaire  de la paroisse Saint-Jean de Privas du 23 décembre 2012 sur lequel je me dois de revenir plus loin. Malgré ce premier pas (très attendu), votre âge et vos genoux vous provoquent des handicaps quant à vos capacités de « bonne marche », comme vous me l’avez précisé ce 11 décembre. Cependant, l’attente de ce « pas » n’était pas physique mais bien intellectuelle. A priori, l’un ne va pas sans l’autre.

Votre attitude quant au « mariage pour tous » est dans la négation « tiède ». Vous êtes contre ce projet et le proclamez oralement, sans bruit et le moins possible par écrit. Je suis stupéfait, une fois de plus, que le site du diocèse ne fasse aucune intervention sur le sujet. Même l’agenda, pour le 13 janvier ne mentionne que la « pastorale des migrants » !

Pour revenir sur le texte que vous avez fait passer à notre communauté de la paroisse Saint-Jean de Privas, (et certainement aux autres paroisses du diocèse), je pense que votre troisième paragraphe est de trop :

« Le poids politique de cet engagement de beaucoup de catholiques avec d’ailleurs d’autres personnes qui réfléchissent à la société est très grand. Parce que c’est un engagement de citoyens sur une question visant l’organisation de la société, posé avec discernement et liberté. J’estime qu’il le serait beaucoup moins si on disait que ce sont « les troupes » qui obéissent aux évêques »

J’avoue avoir du mal à digérer, surtout en cette période de Noël, un discours comme celui que vous tenez. Vous parlez de discernement et de liberté quant à l’organisation de la société. A quel endroit, à quel moment, vous inquiétez-vous de la morale de notre société ? Un projet de loi comme celui-ci ne doit-il répondre qu’à une politique d’organisation de la société en faisant abstraction de toutes nos valeurs chrétiennes qui ont fondé notre civilisation occidentale ?

Votre position d’évêque, devrait vous placer en première ligne sur un projet de loi tel que celui-ci. Non seulement ce n’est pas le cas, mais vous vous refusez à proclamer notre liberté d’être catholique. Les personnes qui vous auront lu, sont tous des coreligionnaires, pas des légionnaires tels que vous pouvez les définir en parlant de « troupes ». Nous avons la grande chance, au sein de notre religion, d’être libres de toute décision. Certes, le danger est de tomber dans une forme de syncrétisme, sauf si le baptisé est fidèle à l’église romaine: seul salut.

Notre liberté est totale, contrairement aux députés (notamment socialistes) qui n’ont même plus leur « libre-arbitre » dans leur pouvoir électoral décisionnel.

Je suis un « chrétien de base », sans aucune responsabilité, mais dans le respect de l’église romaine et tout son environnement culturel. Bon nombre de mes coreligionnaires sont dans ce même état d’esprit et ont un dégoût du manque de caractère de notre religion, notamment  de certains de ces représentants, dont vous faites partie. Ils  se retrouvent dans une crise « d’acédie » et n’ont plus de motivations quant à la poursuite de leur pratique… Incontestablement, les répercutions sont nombreuses et lourdes : baisse catastrophique des vocations, diminution drastique du denier du culte… Le paradoxe réside dans une communauté catholique mondiale qui ne cesse d’augmenter alors que le contraire se passe sur le plan national et particulièrement départemental ! Allez savoir pourquoi…

Je vous remercie encore pour l’accueil que vous m’avez réservé le 11 décembre dans cette magnifique demeure « classée » qu’est l’évêché de Viviers, où malgré les hauteurs de plafond, la température ambiante était des plus agréables en regard à celle de l’extérieur ce jour-là…

Vous devriez être notre berger et nous conduire sur le bon chemin de la morale, de la liberté et de la justice chrétienne avec fierté et détermination. Ce n’est pas l’image que vous nous donnez par vos paroles et vos actes. Je quitte par conséquent votre troupeau avec le désir d’en trouver un autre répondant de façon plus favorable à mes attentes.

Dans la prière, le respect et la cordialité.

Guérin de Longevialle.

 

 

 

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